Guérir les blessures

Faire face à la rupture

Dernièrement, j’ai eu à soutenir une jeune fille en proie à une grande détresse émotionnelle car son ami avait rompu.

Heartache3A l’autre bout du fil, il y a un gros bloc de souffrance, de pure douleur en train de s’agiter. Elle demande de l’aide. Que faire ? Déjà écouter, accepter de prendre en pleine face sans nier l’immersion dans le chagrin et les larmes. Tout près de mon oreille, j’entends une grosse boule hérissée dans la gorge qui se tord, les mots devenus pauvres béquilles branlantes sont hâchés de sanglots.
Que faire ? Rien à faire. Etre avec ce qui est, là, respire, mets de l’espace.
En mettant de l’espace, tu suspends la fascination et l’enfermement, tu vois qu’il y a cela et aussi que tu as le choix d’alimenter ou pas ces pensées qui tournent en boucle.
Laisse être ce qui est, le chagrin de la confusion, n’essaie pas d’en sortir, en te débattant tu ne fais que resserrer le nœud.
Il y a le choc, la sidération de ce qu’on n’attendait pas. Un monde s’effondre, s’écroule et l’identité qui s’était construite avec aussi. Cela fait mal, le cœur se brise en mille morceaux, la tête éclate, trop petite pour contenir tant de soubresauts de souffrance à fleur de peau. Respire, laisse l’acuité de ta douleur montrer son vrai visage, ne cherche pas à fuir, vois la violence de ton cœur en souffrance.

« Je ne le verrai plus jamais »

Heartache1Etre au pied du mur de l’impermanence. Les choses pourraient être irréversibles. C’est l’enseignement de l’impermanence : dès que nous aimons, nous aurons à nous séparer. Bien sûr cela ne signifie pas forcément rupture, divorce, ou abandon mais le fait de considérer la mort, la fin. Tout ce qui s’est rencontré se séparera, tout ce qui est né mourra, tout ce qui s’est érigé s’effondrera.
Dans l’attachement il y a déjà le non attachement, les graines de deuil sont présentes et aussi les graines de renouveau. Les crises ne sont pas forcément négatives, elles peuvent aussi faire prendre conscience qu’on n’a pas à subir le quotidien mais que nous pouvons rester vigilant (e) à recommencer, à redonner un nouvel essor, à rechoisir. Dans une société où l’on jette et où le changement frivole fonde l’identité sociale, nous nous sentons en porte à faux avec nos désirs d’enracinement qui est aussi lié au courage d’assumer ses choix jusqu’au bout.

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Enseignante de la psychologie bouddhiste et thérapeute systémique par les contes et les constellations systémiques. Conceptrice de Racines de la Présence.

2 commentaires

  • Catia

    HOOOUUU !!! Comme ça résonne !
    Je réalise par tes mots Wangmo, qu’effectivement dans ces moments de rupture nous faisons face, en prise direct, à l’impermanence. « Voir la violence de notre cœur en souffrance », c’est fort, c’est une sensation d’être tombée dans un puits de larmes sans fond de l’enfer, car effectivement toute notre souffrance se voit reliée à d’autres souffrances bien plus profondes, anciennes, et une petite voix nous dit « tu ne t’en sortiras donc jamais ! Plus jamais ça ! »… Comme si à ce moment aigu toute notre vie défile à toute vitesse sous nos yeux, et nous réalisons que oui : AMOUR/MORT se succèdent, THANATOS/EROS, sans fin. Mourir à l’instant et renaitre pour continuer notre histoire… parce que OUI l’amour est plus fort, si le loup de l’amour et le loup de la haine doivent mener un combat lequel des deux vaincra ? (petite histoire que tu nous as racontée), gagnera celui que nous nourrissons le plus en nous ;0))

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