La dimension spirituelle des constellations

Les constellations : ouvrir l’espace du cœur

Lorsque j’ai découvert le travail des constellations, il m’est apparu que ce travail de mise en liens et de reconnection avec toutes nos lignées était essentiel à chaque personne, individuellement et collectivement. Le manque de racines et l’intérêt pour celles-ci aujourd’hui va plus loin que le simple fait de faire son arbre généalogique. Il y a là une véritable intuition de puiser des forces à la source même de la vie. Or cette source commence par la reconnaissance de la précieuse existence humaine qui nous a été donnée. Précieuse ne signifie pas exempte de blessures, d’héritages et d’intrications diverses -tout ce à quoi les constellations ou représentations systémiques nous confrontent. Nous ne sommes pas qu’une conscience individuelle, fermée sur elle-même, sans influence parce que nous l’avons décidé. Non ! Il s’agit d’aller regarder ce que nous sommes dans interdépendance mutidimensionnel des liens afin de délivrer tous les prédécesseurs, aussi prisonniers que nous de dynamiques de souffrance.

Lors d’entretiens de méditation où des personnes se confiaient, je constatais que les problèmes relationnels, avec la famille actuelle ou avec son passé familial, son histoire, ses héritages étaient des montagnes énormes où les individus restaient bloqués.
A toujours se focaliser sur la mauvaise foi de l’ego, j’ai constaté que certaines personnes se retrouvaient en grande difficulté, enlisée, voire responsable de leur manque de progression ou de leur excessive émotivité : d’où cela venait-il ? Même après un travail psychothérapeutique ou de développement personnel, il semblait que le problème était d’un autre ordre.

Dans la voie du bouddha, il est dit que nous entrons dans une famille de cœur et de sagesse, de noble lignage. Ce qui permet cela est notre propre existence, même si celle-ci a commencé douloureusement. Comment entrer dans cette famille de cœur et de sagesse sans accepter sa propre existence c’est-à-dire sa propre famille et ses ancêtres ? Comment ne pas projeter sur la famille spirituelle nos manques affectifs et renforcer notre isolement alors qu’il s’agit au contraire de se libérer de ses attachements ?

Comment se sentir fils et fille de noble famille en rejetant la sienne ou en refusant de voir son passé ?

Notre passé n’est pas seulement la somme des divers événements survenus depuis notre naissance. Il comprend aussi les événements survenus bien avant, qui concernent nos parents, nos grands-parents et nos ancêtres. La façon dont ils ont été vécu nous affecte encore aujourd’hui. Depuis notre naissance et jusqu’à notre mort, nous traversons la vie en apportant notre pierre à l’édifice de toute la chaîne des générations.

racine7D’autant plus que méditer amène plus de conscience de l’interdépendance, de clarté sur la nature des problèmes, et des possibilités de réajustement intérieur.
Pratiquer ne signifie pas être dans le déni car malheureusement les difficultés nous rattrapent, de jolis concepts spirituels ne peuvent nous tirer d’affaire. Nous devons mettre la main à la pâte, botter le chat-bodhisattva de notre aspiration pour faire refleurir le bel arbre d’où nous venons, en prendre soin et l’offrir à d’autres pour qu’ils en fassent quelque chose à leur tour.

Les constellations ont été la révélation que pacifier l’esprit était inévitablement en lien avec d’autres pacifications, d’autres formes de prises de conscience. Il y avait là des points de convergence, dans la nature même du travail proposé.
Les constellations nous remettent dans le grand champ de forces auquel nous appartenons, nous met en lien avec les grandes forces de la vie et de la mort, de l’esprit dans son sens le plus illimité et profond.
C’est ce souffle des forces amples qui œuvrent à partir de l’espace du cœur et de l’esprit réunis qu’il s’agit de reconnecter, dans l’ouverture à l’instant. C’est ce que toutes les traditions de sagesse nous enseignent mais combien il est difficile d’accéder à cette dimension si nous restons dans la réduction psychologique, dans les limitations des croyances et les problèmes auxquels nous sommes identifiés et que nous voulons résoudre ou pas avec la souillon de l’ego.

Ressentir en résonances

Or pour nous reconnecter à ce souffle du coeur-esprit nous devons réapprendre à ressentir, redécouvrir l’attention au corps, le langage des sensations, dans une attention nue et sans objet.
La méditation aide à accroître la présence à l’expérience émotionnelle directe.

Lors des constellations, la posture de chaque participant est exactement celle d’une présence bienveillante capable d’accueillir toutes les informations non mentales qui vont transiter dans l’instant. Ce n’est pas toujours facile à réaliser, il s’agit de tendre vers cela, en reconnaissant déjà comment nous parasitons l’espace du cœur par des jugements, des interprétations, des projections de toutes sortes.

Nous pouvons, par la méditation, apprendre à apaiser l’agitation et à découvrir un espace de tranquillité où nous pourrons faire confiance à notre cœur. Développer la bienveillance, la gratitude est le pouvoir d’accéder à l’espace du cœur librement, là où avant nous étions pétrifiés par le mental ou une émotivité excessive.

L’espace du cœur-esprit inclut tout, ne laisse rien en dehors, peut tout contenir sans être contenu lui-même. Ce potentiel vaste et illimité est en chacun. Dans la voie du bouddha, nous l’appelons nature de bouddha mais ailleurs cela pourrait être nommé différemment.
Trop de crédit accordé au mental pour tout résoudre nous empêche d’accéder, d’intégrer, de reconnaître certaines expériences vitales pour notre équilibre physique et psychique.
Nous sommes engourdis, engoncés dans le porte-mental de nos croyances.
Lors d’une constellation, nous nous mettons à l’écoute des sensations du corps, au fait de ressentir physiquement des émotions jamais éprouvées auparavant, appartenant à quelqu’un d’autre mais susceptibles de nous enseigner quelque chose.
Cela se produit spontanément dans l’espace ouvert du cœur, enrichit notre intelligence d’une sensibilité accrue aux faibles signaux corporels et émotionnels qui peuvent nous aider dans la vie quotidienne même à prendre de meilleures décisions ou à développer une intuition utile.

Il est vrai que nous sommes souvent motivés par le cœur, que nous avons des aspirations à vivre ses qualités mais malheureusement nous n’utilisons que notre mental, sans forcément nous en rendre compte.
L’insistance actuelle de différentes approches sur l’importance du ressenti du corps et des émotions positives en lien avec le pouvoir du cœur montre combien nous avons été enfermés et excluants de ces dimensions essentielles pour l’humain que nous sommes et l’humanité en général.

Relier à nouveau le corps, le coeur-esprit et l’action est ce que nous entendons par présence.

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