Un bouddha au coeur sensible

Le texte qui suit est extrait du dernier livre traduit en Français de David Brazier : « Un bouddha au coeur sensible » aux éditions Almora.

Quand nous faisons l’expérience d’obstacles et de difficultés, il peut se passer deux choses pour nous : soit nous devenons amers et étrangers à tout, soit nous pouvons mûrir en tant qu’êtres humains. L’expérience nous donne une perspective plus large. Les conditions difficiles représentent un défi. Une personne ayant toujours vécu dans son propre pays, par exemple, peut ne pas comprendre ce que c’est que d’être un réfugié ou un membre d’une communauté ethnique minoritaire. Une personne fortunée peut difficilement se rendre compte des préoccupations d’un pauvre. Le Bouddha, qui avait grandi dans un milieu aisé, a dû faire l’expérience de l’autre extrême, en renonçant à tout, avant de pouvoir vraiment apprécier la vie dans sa plénitude. Akong Rinpotché, le maître bouddhiste tibétain de la communauté Kargyu Samyé Ling en Ecosse, vint en Angleterre comme réfugié, après l’invasion de son pays par les Chinois. Il avait été élevé en bénéficiant du prestige d’un lama réincarné, un chef dans la société tibétaine. Il a montré comment, en travaillant dans des toilettes publiques à son arrivée en Angleterre comme exilé, il avait, d’une certaine manière, appris autant qu’au travers de son éducation monastique. Cela lui fut ensuite d’une grande utilité pour exprimer sa compassion à l’égard des autres. Néanmoins je pense qu’il convient d’ajouter que s’il n’avait pas eu d’abord une éducation monastique, il n’aurait pas pu prendre ce travail subalterne de façon aussi positive.

L’intention du Bouddha, me semble-t-il, était de nous montrer comment les différentes situations de la vie peuvent nous éveiller au lieu de nous abattre. Nul doute que nous rencontrerons la souffrance : le Bouddha voudrait que cela se fasse au mieux.

Bien entendu, les afflictions les plus difficiles à supporter sont souvent d’ordre psychologique ou social, plutôt que physique. Porter des seaux d’eau dans la neige était pénible, mais c’était aussi revigorant. Le travail que devait effectuer Akong Rinpotché était certes désagréable, mais pour la plupart des gens, le plus pénible dans une telle expérience, serait le sentiment d’humiliation et la perte du rôle auquel on était habitué.

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D.Brazier

3 réflexions sur “Un bouddha au coeur sensible

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